Roman Cieslewicz

Roman Cieslewicz historique

Tout au long de sa carrière de graphiste, Roman Cieslewicz a fait preuve d’une inventivité exceptionnelle. Avec une indomptable énergie créatrice et sans se préoccuper des frontières, il a utilisé le collage et le photo-montage pour détourner des images et créer des associations insolites. L’utilisation quasi systématique des couleurs vives et des formes pures donne à ses créations un cachet unique et immédiatement reconnaissable. Au-delà de ses qualités artistiques, Roman Cieslewicz reste aussi inoubliable pour ses prises de position, ses revendications, son engagement mais aussi sa capacité à choquer.

Affiches : De 1955 à 1966 il se consacre principalement à l’affiche. Alors que le réalisme socialiste domine, les créateurs sont isolés de l’information du monde de l’art, écarté de la publicité, qui est d’ailleurs bannie. Ces affiches utilisent les associations d’idées pour des sujets très variés – films, théâtre, concerts, cirque. Souhaitant trouver une relation forte entre contenue et forme, l’auteur travaille avec tous les moyens picturaux, la gouache et l’aquarelle, le papier déchirée, timidement , le photomontage, la typographie. Les premiers photomontage datent de 1958 : il ne leur attache aucune importance : ce sont le délirant, Le Roi, la Reine. Dans la seule année 1955, il produit quarante affiche pour « Wag » agence d’art graphique. Rapidité d’action, travail intensif se compose avec une grande créativité. Créativité imprégnée des influences du monde de l’art des années 1950 et des courants graphiques qui ont crée « l’école polonaise » avec toutes ses caractéristiques : emploi d’un trait puissant, austérité de la facture picturale, monochronie, grande originalité dans l’exagération de l’expression. Dans ce climat florissant de l’école polonaise, surtout Varsovie, Cieslewicz occupe une place bien à part, se distancie, picturalement, de ses contemporains affichistes.

Illustrations collage : de 1960 à 1963 Cieslewicz arrive à Paris en 1963. Alors que Paris est réputé difficile pour les graphistes qui y luttent pour survivre et obtenir une reconnaissance sociale. Il y fait carrière très vite. Les idées de ce jeune Polonais, sa maîtrise des images et son savoir ont un effet stimulant, novateur pour les principaux magazines et périodiques français. A Elle, il est d’abord maquettiste et illustrateur ; il devient ensuite directeur artistique, poste qu’il occupera jusqu’en 1969. Il travaille également comme maquettiste avec Antoine Kieffer, directeur artistique de la revue Vogue / Paris (1965-1966). Après avoir passé trois ans dans le monde de la publicité comme directeur artistique ‘1970-1972) de l’agence MAFIA il s’installe comme indépendant. Travaillant pour divers clients, il s’adonne aux photomontages, photocollages et autres possibilités photographiques. Il se révèle très inventif, novateur et même révolutionnaire. Ses recherches sont focalisées sur les photocollages : pour les affiches, les annonces, les jaquettes, les illustrations, les sérigraphies et toute sa création libre, il explore sans fin les possibilités que lui ouvrent les photographies, déjà imprimées, prend ses risques et les assume. C’est la période du noir et blanc, des collages répétitifs et des sérigraphies.

Biographie de l’auteur

Né en 1930 en Pologne, Roman Cieslewicz a passé une grande partie de sa vie en France. Son œuvre, totalement singulière a définitivement bouleversé la création graphique contemporaine. En 1963 il est le maquettiste inspiré de magazines comme elle, Vogues, Opus international. Son oeuvre très riche se fonde sur les maquettes composées d’estampes et de photographies découpées, confrontées par leur collage. Tantôt choc et critique, dans la lignée militante des dadaïstes berlinois, cet univers prend aussi des allures plus inquiétantes, étranges, en cultivant le malaise par des juxtapositions et des dédoulements. Roman Cieslewicz pousse les allures monstrueuses de la représentation dans leurs retranchement les plus douloureux avec un cynisme tonique redoutable (extrait livre Françoise Monnin le collage 1993)

Drôles, provocantes, parfois même inconfortables ou dérangeantes, ses image ne peuvent nous laisser indifférents. Disparu en 1996, Roman Cieslewicz est sans nul doute un figure emblématique du graphisme contemporain.

Il bouscule toutes les règles. Il remue les esprits. ll triture les images avec les ciseaux, la photocopieuse et la colle pour les recycler de manière insolite, provocante et poétique. Il détourne la réalité, la recompose pour créer un monde inventif, libre, coloré et noir à la fois, frôlant parfois l’irréel. L’artiste français d’origine polonaise, Roman Cieslewicz (né en 1930 à Lwow, mort en 1996 à Paris), celui qui se définissait comme un «aiguilleur de rétine» pour avoir l’oeil et le monde à l’oeil, nous a laissé une oeuvre explosive parmi la plus riche, la plus expressive, la plus revendicative de l’école des affichistes polonais ; cette école née dans le creuset de la propagande après la Seconde Guerre mondiale.

Son style, fondé sur le cercle, les grandes obliques, les décentrements exagérés, l’utilisation de la lettre pour sa valeur figurative, se reconnaît dans l’instant. L’artiste se nourrit sans cesse d’associations d’images en noir et blanc (800/1 200 € pour Topor, un photo collage de 1978, 2 000/3 000 €, le collage originale pour Elle de 1968 avec ses corps de femmes tronquées, en bas résille) mais aussi en couleurs vives (2 000/4 000 € pour l’image icône du Che Si, maquette originale pour la couverture Opus n° 3). Le monde de Cieslewicz nous touche par l’expression des turbulences de son âme, de son humour et de ses fantasmes. Poétique et fort à la fois, toujours plein de modernité.

Exposition février 2011 paris Musée de l’immigration

Bibliographie :

Reconnaître : Roman Cieslewicz collectif

Roman Cieslewicz de Margo Rouard-Snowman

 

 

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