Dans cet ouvrage, le troisième d'une série consacrée à l art du collage, Pierre Jean Varet Spécialiste en la matière, nous laisse entrevoir ce que peut être le quotidien du collagiste. Pratique par essence déstructurée et art de l'indiscipline par excellence, le collage s'accorde mal en effet avec une vie sociale structurée: coller n'importe quoi, n'importe où et dans n'importe quelles conditions est tout un art mais pas forcément un plaisir.
Comment en vient-ton à consacrer son temps à une activité aussi régressive que de recoller ce qu'on vient de découper ou de déchirer ? Dans quelle organisation du temps et de l'espace intégrer cette pratique qui ne se satisfait que de la marge ?
Englué dans sa pratique chronophage, envahi de déchets de toutes sortes, le collagiste dispose en effet rarement d'un SMIC garanti, d'un espace d'archivage et encore moins d'un atelier. (En l'occurence, la planche à découper de la cuisine fera effectivement office de planche à découper
Bref, la vie de collagiste est un ensemble de contingences matérielle, faite de contraintes d'approvisionnement, de gestion des stocks et de recyclages des matériaux. Préoccupation très modernes finalement à l'ère du développement durable et contraintes drastiques certes, mais dont le dépassement constitue précisément tout l'enjeu artistique d'une pratique encore en panne de reconnaissance.
Cette incusion dans le "quotidien collagiste" est donc un témoignage de l'originalité des expériences individuelles, aussi diverses et riches que la mpatière première qui compose les oeuvres présentées.