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Jacques Villeglé |
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Livre Art |
Jacques Mahé de La Villeglé, dit Jacques Villeglé, est né à Quimper en 1926. Tout le monde connaît les affiches de publicité juxtaposées en couches épaisses et à demi lacérées. En les présentant, le décollagiste Jacques villeglé montre la destruction de la communication par les médias de masse. La présentation exthétique des déchets d’une métropole moderne devient une révolte symbolique contre la commercialisation croissante du paysage urbain. Sa conception de l’art, le plus radical des lacérateurs d’affiches. Il combat avec véhémence le concept de l’original et de l’écriture artistique. Lui-même déclare à ce propos « je me distancie de l’action de peindre et de coller. Est-ce que la non préméditation n’est pas une source inépuisable d’art, et même un art mûr pour le musée ? Je considère comme positif ce que laisse derrière lui n’importe quel passant qui a lacéré une affiche sans la moindre intention artistique « Villeglé en tant qu’artiste ne fait que procéder ensuite à la sélection et préserve l’affiche lacérée de la destruction. Jacques Villeglé est à l’origine un peintre. Il étudie à l'école des Beaux-Arts de Rennes où il fait la connaissance de Raymond Hains qui le suivra toute sa vie. Il travaille comme A chez il se familiarise avec les questions d'urbanisme et d'espace public, avant d'étudier l'architecture. En 1947 il commence à récolter sur les bords de mer débris, des fers tordus, qu'il regarde comme des sculptures. L'exposition au centre Pompidou en 2009 était une approche particulière d'un art de la rue qui s'exprime par la Lacération et de de décollages d'affiches du 17 septembre 2008 - 5 janvier 2009 À partir 1949 il oriente son comportement appropriatif aux seules affiches lacérées. Pour lui, le véritable artiste est le « lacérateur anonyme », la collecte pouvant être effectuée par n'importe qui : il annonce ainsi le moment de la disparition de la figure de l'artiste, cédant la place au « collecteur » ou collectionneur. « Le prélèvement, dit-il, est le parallèle du cadrage du photographe », et lui-même se veut, comme Hains, simple collecteur de fragments qu'il ne fait que choisir et signer. En 1958 il rédige une mise au point sur les affiches lacérées intitulée Des Réalités collectives, préfiguration du manifeste du Nouveau Réalisme considéré comme l'historien du Lacéré anonyme, entité qu'il crée en 1959. L’exposition du centre Pompidou rassemble plus d'une centaine d'oeuvres des années 1940 à nos jours. Il aborde de manière thématique le parcours de l'artiste depuis l'éclatement typographique et les grandes compositions abstraites colorées des débuts, jusqu'aux récentes juxtapositions rythmiques issues d'affiches de concerts. L’affiche se modifie au gré des humeurs successives, son message s’altère et se mélange à ceux des affiches qu’elle a recouvertes jusqu’à devenir illisible. Des fragments de couches inférieures apparaissent, provoquant à la surface un chaos de couleurs et de signes porteur d’affects : un nouveau langage plastique apparaît qui convertit la surface de l’affiche en une arène symbolique dont les messages se disputeraient la suprématie. En parcourant cette exposition le spectateur se rapproche davantage de l’archéologue que de l’amateur d’art. Il doit lire déchiffrer ce qui est illisible, recouvert par de multiples couches de papiers qui sont comme momifiées. Il doit faire un effort pour reconstituer l’esprit, l’actualité qui s’affichait les murs de cette époque.
Bibliographie :
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